Souleymane Bachir DIAGNE

Souleymane Bachir DIAGNE

Souleymane Bachir Diagne est un philosophe sénégalais, né le 8 novembre 1955 à Saint-Louis (Sénégal). Professeur de français à l’université Columbia, c’est un spécialiste de l’histoire des sciences et de la philosophie islamique.

A l’image d’Ali Benmakhlouf qui a écrit Pourquoi lire les philosophes arabes, Souleymane Bachir Diagne est l’un des penseurs africains les plus éminents de l’islam et de ses Lumières. Son ouvrage Comment philosopher en islam (éd. Jimsaan, 2014) rappelle que cette religion a produit une « tradition de libre-pensée » et que le débat pour un islam ouvert et philosophique a toujours existé. Il est même plus que jamais « vital que la pensée en islam mette en avant esprit critique et pluralisme ». Une thèse qu’il défend vaillamment dans des entretiens croisés avec Philippe Capelle-Dumont et publiés en septembre aux éditions Le Cerf sous le titre Philosopher en islam et en christianisme.

Né à Saint-Louis en 1955, professeur à l’université Columbia de New York formé à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, spécialiste de l’algèbre de Boole et de logique, Souleymane Bachir Diagne s’intéresse tout particulièrement à la question de la traduction. A la suite des travaux menés par le Ghanéen Kwasi Wiredu, le Sénégalais affirme, dans un entretien paru dans la revue De(s) générations, que « passer d’une langue à l’autre permet de voir en quoi les problèmes philosophiques, que l’on dit universels, sont fortement liés aux différentes langues dans lesquelles ils sont formulés ». Une manière de relativiser la prétention à l’universel de certains énoncés philosophiques, en les inscrivant dans leur culture.

Pour autant, pas question de renoncer à l’universel pour Souleymane Bachir Diagne qui, à l’instar de Jean-Godefroy Bidima, fait sienne la distinction opérée par Merleau-Ponty dans son Eloge de la philosophie entre un universalisme de surplomb et un universalisme latéral qui est l’« horizon qui se propose à partir de la postcolonialité », celui que nous devons construire à partir de l’expression de nos diversités, si nous voulons faire monde-en-commun.

Par Séverine Kodjo-Grandvaux(contributrice Le Monde Afrique, Douala)

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